l’eau tiède Dessin aléatoire

Rima

Les mots, les guillemets, le conditionnel. La veulerie sans fin de notre classe médiatique pour relayer l'indignité de notre gouvernement et de son abus de frontière.

Autobus Colère

Les coupes envisagées de près de 60% au programme Culture à l’école arrivent dans un milieu déjà à bout de souffle, épuisé de devoir justifier, année après année, l’évidence même de son utilité sociale et sa valeur éducative. Elles résonnent au cœur des revendications de la Grande mobilisation pour les arts au Québec (GMAQ), qui dénonce un sous-financement chronique et exige, à l’aube du dépôt du budget provincial, un financement adéquat et structurant plutôt que des ajustements budgétaires à l’emporte-pièce. On nous parle d’excellence pendant qu’on assèche les conditions mêmes pour l’atteindre, que ce soit dans les programmes de financement du Conseil des arts et lettres du Québec ou sur les bancs d’école. Cette logique comptable de l’état néolibéral en place, qui brasse les mêmes miettes en exigeant toujours plus de « créativité entrepreneuriale », ne fait qu’entretenir la précarité des artistes tout en comptant sur elleux pour accomplir à peu de frais une série de fonctions sociales dont lui-même s’est désengagé au fil des années. La GMAQ rappelle que l’excellence ne se limite pas à quelques trajectoires individuelles « performantes »: elle se construit de manière collective, dans un écosystème où les artistes sont financés décemment pour créer, où les enfants ont des opportunités de découvrir l’art à l’école, et où l’on considère les arts et la culture comme les piliers d’une société qui prend au sérieux les impacts positifs systémiques d’une éducation à l’art dès l’enfance. Ce gouvernement donne l’impression qu’il préfère nous revoir dans la rue plutôt que d’assumer, enfin, que financer la culture et l’éducation est une responsabilité politique incontournable envers les générations présentes et à venir.

Chargement en cours