l’eau tiède Dessin aléatoire

Crépuscule caquiste

Cette loi intolérante qui prétend défendre la laïcité est une honte.

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Extrait du texte de JF Nadeau dans le Devoir :

Des Centres de services scolaires, héritage du gouvernement Legault, ont commencé à appliquer les nouvelles dispositions de la Loi sur la laïcité entraînant des renvois ou des départs forcés d’éducatrices portant le voile. Le droit d’une société à projeter son poing en avant devrait pourtant s’arrêter où le nez des individus commence.

À Montréal, près de 150 employées ont été congédiées ou forcées de partir. Et ce sont 146 postes qui restaient non pourvus, rapporte Radio-Canada. Autrement dit, les écoles manquent de personnel qualifié, mais on se permet d’en écarter au nom d’une lubie. On pousse ainsi vers la sortie des femmes qui n’ont enfreint aucune loi, nui à personne, ni failli à leur tâche. Leur voile devient prétexte à fantasmes et à soupçons, au mépris du travail essentiel qu’elles accomplissent chaque jour auprès des enfants. Dans un réseau scolaire déjà aux prises avec des défis tels que le décrochage, une surcharge des classes, des besoins particuliers, le manque de ressources, la priorité était-elle vraiment, en ce printemps, de congédier des femmes appréciées, qualifiées, intégrées à leur milieu ? Est-ce ainsi que seront vraiment corrigées les injustices au sein de ce système d’éducation qui prend l’eau de toute part ? Voilà donc comment se résume l’opération qui est en train de se jouer sous nos yeux : aggraver une pénurie bien réelle pour satisfaire un principe de laïcité présenté comme une nécessité presque sacrée, comme s’il s’agissait de repousser, jusqu’à l’absurde, un grand Satan à la veille de dévorer nos enfants. […] Encore une fois, ce sont des femmes qui paient le prix de cette croisade morale. Des éducatrices, des techniciennes, des surveillantes et des préposées compétentes. On prétend défendre leur liberté en les punissant. On dit les protéger, alors qu’on les humilie. On invoque l’égalité en visant d’abord celles qui, dans les faits, en disposent le moins. Puis, pour s’en absoudre, on prétend que c’est leur « choix de vie ». C’est une honte.

Rima

Les mots, les guillemets, le conditionnel. La veulerie sans fin de notre classe médiatique pour relayer l'indignité de notre gouvernement et de son abus de frontière.

Autobus Colère

Les coupes envisagées de près de 60% au programme Culture à l’école arrivent dans un milieu déjà à bout de souffle, épuisé de devoir justifier, année après année, l’évidence même de son utilité sociale et sa valeur éducative. Elles résonnent au cœur des revendications de la Grande mobilisation pour les arts au Québec (GMAQ), qui dénonce un sous-financement chronique et exige, à l’aube du dépôt du budget provincial, un financement adéquat et structurant plutôt que des ajustements budgétaires à l’emporte-pièce. On nous parle d’excellence pendant qu’on assèche les conditions mêmes pour l’atteindre, que ce soit dans les programmes de financement du Conseil des arts et lettres du Québec ou sur les bancs d’école. Cette logique comptable de l’état néolibéral en place, qui brasse les mêmes miettes en exigeant toujours plus de « créativité entrepreneuriale », ne fait qu’entretenir la précarité des artistes tout en comptant sur elleux pour accomplir à peu de frais une série de fonctions sociales dont lui-même s’est désengagé au fil des années. La GMAQ rappelle que l’excellence ne se limite pas à quelques trajectoires individuelles « performantes »: elle se construit de manière collective, dans un écosystème où les artistes sont financés décemment pour créer, où les enfants ont des opportunités de découvrir l’art à l’école, et où l’on considère les arts et la culture comme les piliers d’une société qui prend au sérieux les impacts positifs systémiques d’une éducation à l’art dès l’enfance. Ce gouvernement donne l’impression qu’il préfère nous revoir dans la rue plutôt que d’assumer, enfin, que financer la culture et l’éducation est une responsabilité politique incontournable envers les générations présentes et à venir.

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